Le groupe Les Démocrates (DEM) constitue l’une des formations centristes représentées à l’Assemblée nationale. Né en juillet 2024, ce groupe parlementaire rassemble aujourd’hui 37 députés issus majoritairement du Mouvement démocrate (MoDem). Son président, Marc Fesneau, incarne une ligne politique que beaucoup qualifient de pivot dans une assemblée fragmentée.
Cette formation politique n’est pas nouvelle dans le paysage : elle succède à l’ancien groupe « Démocrate, MoDem et indépendants », rebaptisé pour mieux marquer son identité propre. Mais quels sont les contours précis de ce groupe ? Comment se positionne-t-il dans les débats ? Et quel rôle concret joue-t-il dans la fabrique de la loi ?
Un groupe centriste aux racines démocrates
Classé au centre de l’échiquier politique, le groupe Les Démocrates puise ses origines dans la tradition démocrate-chrétienne et libérale. François Bayrou, président du MoDem, en reste la figure tutélaire, bien que Marc Fesneau en assure la direction quotidienne à l’Assemblée.
Le groupe se réclame d’un humanisme politique ancré dans les territoires. Ses membres mettent en avant trois priorités : la décentralisation, la construction européenne et la moralisation de la vie publique. Ces thèmes traversent l’ensemble de leurs interventions : chaque réforme est examinée à l’aune de ce qu’elle apporte aux élus locaux et aux citoyens des régions.
Un effectif modeste mais influent
Avec 37 députés, Les Démocrates forment le 7e groupe sur 11 à l’Assemblée. Cela représente environ 6% des 577 élus. Un poids modeste en apparence, mais qui peut faire la différence dans une chambre où aucune majorité absolue ne se dégage.
Le groupe affiche une moyenne d’âge de 57 ans, supérieure de cinq ans à celle de l’Assemblée (52 ans). Ce profil plutôt expérimenté tranche avec la jeunesse relative de certains groupes. Côté parité, le groupe compte 41% de femmes, soit 15 députées, un taux légèrement meilleur que la moyenne nationale (38%).
Un point notable : aucun des députés DEM n’est issu de la catégorie artisans, commerçants ou chefs d’entreprise. Cela les distingue du profil socio-professionnel de la population française (4% dans cette catégorie). Le groupe puise surtout dans les fonctions publiques et les professions intellectuelles.
Un comportement politique très marqué
L’analyse des votes révèle une cohésion interne de 0,9 sur une échelle où 1 correspond à l’unanimité. C’est un taux inférieur à la moyenne des groupes (0,93), signe que les députés DEM conservent une certaine liberté de ton. Cette souplesse s’explique par la culture du débat interne au MoDem.
Pour les scrutins publics, le taux de participation du groupe est de 22%, en ligne avec la moyenne. Ce chiffre peut surprendre mais s’explique par l’organisation du travail parlementaire : les députés siègent en commissions, participent à des auditions, et ne sont pas toujours présents dans l’hémicycle.
Soutien quasi systématique au gouvernement
Sur 35 votes sur des projets de loi gouvernementaux, Les Démocrates ont voté favorablement à chaque fois. Un score de 100% qui les place en tête des groupes soutenant l’exécutif, devant Ensemble pour la République (33/35) et la Droite Républicaine (33/35). Ce soutien sans faille illustre leur rôle de pilier de la majorité présidentielle.
Cette loyauté n’empêche pas des divergences ponctuelles : des amendements ou des votes sur des articles peuvent diviser le groupe. Mais sur l’essentiel, la ligne reste celle d’un appui constant à l’action gouvernementale.
Des alliances fréquentes et variées
Dans une Assemblée sans majorité absolue, les coalitions deviennent cruciales. Les Démocrates se distinguent par leur capacité à bâtir des alliances temporaires. La coalition la plus fréquente (1184 scrutins sur 8434) réunit des groupes du bloc central (EPR, DEM, HOR), de droite (DR) et même du Rassemblement national et de l’Union des droites pour la République.
Cette porosité avec l’extrême droite étonne, mais elle s’explique par des votes techniques ou des textes consensuels. En réalité, le groupe vote rarement avec la Gauche démocrate et républicaine (35% de proximité) et très peu avec l’Union des droites pour la République (38%).
Le tableau ci-dessous résume les proximités politiques du groupe DEM :
| Groupe | Taux de proximité | Nombre de votes communs |
|---|---|---|
| Ensemble pour la République (EPR) | 88% | 8422 |
| Horizons & Indépendants (HOR) | 81% | 8422 |
| Droite Républicaine (DR) | 64% | 8422 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer (LIOT) | 60% | 8422 |
| Socialistes (SOC) | 52% | 8422 |
| Rassemblement National (RN) | 47% | 8422 |
| Écologiste et Social (ECOS) | 45% | 8422 |
| Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) | 35% | 8422 |
Ce tableau montre une proximité très forte avec le bloc central, et une distanciation nette avec les extrêmes. Le groupe DEM fonctionne comme un aiguilleur : il renforce la majorité présidentielle tout en gardant une porte ouverte vers le centre droit et certains indépendants.
Les figures dirigeantes et leur ancrage territorial
Au-delà de Marc Fesneau, plusieurs personnalités animent le groupe. Voici une liste des principaux cadres :
- Geneviève Darrieussecq, députée des Landes, deuxième vice-présidente du MoDem, ancienne ministre et ancienne maire de Mont-de-Marsan
- Patrick Mignola, coordonnateur des porte-paroles du MoDem, vice-président du mouvement, ancien ministre
- Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, conseillère municipale de Nantes, ancienne ministre
- Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, vice-président du MoDem
- Philippe Vigier, député d’Eure-et-Loir, maire de Châteaudun, président de communauté de communes
- Maud Gatel, secrétaire générale du MoDem, présidente du groupe « Paris au centre » au Conseil de Paris
Ces élus cumulent souvent des mandats locaux, ce qui renforce l’ancrage territorial du groupe. Leur trajectoire illustre une conviction : la politique nationale doit s’incarner dans les réalités des communes et des régions. Chaque débat parlementaire est pour eux l’occasion de porter cette voix des territoires.
Un travail de fond sur les réformes
Le groupe prépare activement plusieurs réformes pour 2026. Parmi elles : un livre blanc sur la proportionnelle aux élections législatives, un colloque sur l’état de droit à l’Assemblée, et des propositions concrètes sur la crise du logement. Ces chantiers sont menés en lien avec les territoires : chaque proposition est d’abord testée auprès des élus locaux.
Les Démocrates ne se contentent pas de voter. Ils animent des discours de fond, publient des ouvrages comme « Alerte sur la France qui vient », et organisent des universités de rentrée. Leur objectif : peser sur l'agenda législatif et offrir une alternative crédible face aux blocs antagonistes.
En 2026, alors que les équilibres politiques restent fragiles, ce groupe centriste pourrait bien jouer un rôle de faiseur de majorité. Ses 37 voix, mises au service d’une ligne claire, en font un acteur incontournable du paysage parlementaire français.
Les questions qui changent tout
Combien de députés compte le groupe Les Démocrates ?
37 députés, soit environ 6% de l'Assemblée nationale.
Est-ce que les députés DEM votent toujours avec le gouvernement ?
Sur les 35 votes de projets de loi gouvernementaux, ils ont voté favorablement à 100%.
Quelle est la moyenne d'âge des députés du groupe ?
57 ans, soit cinq ans de plus que la moyenne de l'Assemblée (52 ans).
Avec quels autres groupes les Démocrates font-ils souvent alliance ?
Principalement avec le bloc central (EPR, HOR), la Droite républicaine, et parfois le Rassemblement national sur des textes consensuels.
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Journaliste politique français, formé à l’ESJ Lille. Vingt ans de presse écrite, dont dix en local et dix au plan national. Fondateur de Régions Démocrates, défenseur d’un journalisme exigeant ancré dans les territoires.
3 commentaires
Intéressant de voir comment ce groupe centriste défend la décentralisation, ça résonne avec mes observations sur le terrain.
37 députés, ça paraît peu, mais dans une assemblée fragmentée, leur voix compte vraiment pour les territoires.
Intéressant de voir comment ce groupe mise sur la décentralisation. Chez nous dans le Cantal, on sent bien le besoin de retour aux territoires.