Dans certaines régions, les « déserts médicaux » deviennent une réalité qui dégrade fortement l’accès aux soins d’un grand nombre d’habitants. L’accès aux soins doit devenir un objectif des schémas d’aménagement du territoire, et les régions doivent se saisir de nouvelles compétences en matière de santé pour y faire face. Le Mouvement Démocrate propose la mise en place dans chaque région d’un plan régional de santé, en concertation avec les populations locales, les professionnels de santé et les partenaires sociaux pour coordonner les actions de prévention et organiser au mieux la répartition territoriale de l’offre de soins.

Les régions sont l’échelon le plus pertinent pour mettre en œuvre un plan de santé : elles ont en effet la connaissance des besoins de la population locale et peuvent trouver des solutions adaptées en terme de prévention et de soins. Ce plan régional de santé, voté chaque année par le Conseil Régional, doit coordonner des études épidémiologiques régionales pour évaluer au mieux les situations et les facteurs de risques, construire de manière concertée avec la population et les professionnels des solutions pour réduire les maladies évitables et enfin organiser un meilleur accès aux soins.

Le plan régional de santé doit prendre en charge la prévention, qui doit être davantage présente dans les établissements gérés par la région tels que les lycées, les centres d’apprentissage et de formation professionnelle. Il faut que la région établisse un lien entre ces établissements et les internats et externats de médecine, les centres universitaires présents sur son territoire.

Les régions doivent également avoir une action concrète sur la démographie médicale, pour éviter l’émergence de « déserts médicaux » dans certains territoires, telles que les zones rurales ou les zones urbaines éloignées des centres-villes. Alors que le nombre de médecins n’a jamais été élevé qu’aujourd’hui (340 praticiens pour 100 000 habitants), la répartition sur le territoire pose problème, d’autant plus que le vieillissement global de la population va accroitre les besoins de soins dans les années à venir. La lutte des régions contre la désertification médicale passe par la mise en place de contrats incitatifs pour les jeunes médecins, qui s’engagent à s’installer sur un territoire délaissé. Le soutien aux maisons de soins et aux initiatives de coopération entre praticiens devra être développé.

De plus le Mouvement Démocrate reste vigilant suite à la mise en place des Agences Régionales de Santé, qui doivent permettre une régionalisation effective de la politique de santé. Nous proposons que le choix du directeur de l’ARS soit, dans chaque région, approuvé par le Conseil régional, et que la place des représentants des collectivités locales et des partenaires sociaux dans le conseil de surveillance des ARS soit renforcée.

« A travers la mise en place d’un plan régional de santé, la région doit devenir un acteur clé pour permettre à tous l’accès aux soins. De nombreux territoires ruraux souffrent d’un manque cruel de médecins, alors même que la concentration de médecin par habitant dans les villes atteint des records. C’est à la région de mettre en place des outils incitant à une meilleure répartition des soignants, en lien avec les besoins des populations locales. »